À propos de Nice

 

 

Déjà dans le ventre de ma mère, j'entendais la rumeur des galets que les vagues aspiraient et rejetaient sur la plage de Nice … »

S’il fallait qu’il y ait un souvenir à la racine de mon travail, ce serait celui-là. Mais tant d’autres chansons et tant d’autres images sont depuis venues. La mémoire et la mer de Léo Ferré, Lou Reed, David Bowie, la variété variable des disques de variété et Cécilia Bartoli chantant Il giardino delle rose. Les motifs sérigraphiés aux flancs des cageots à l’abandon à la fin des marchés, Le Saint Thomas du Caravage, d’autres tableaux dans les musées, les croquis sous mon crayon et toutes les photos photographiées depuis mon premier appareil. Tout cela à fini par se superposer, par faire une superposition de mémoire et de mer que j’ai laissé mon imagination reconstituer et circonscrire. C’est ainsi que j’ai inventé des sandwiches d’images, de couleurs et de matières. C’est pour cela que je leur ai donné la forme de carrés d’un mètre de côté. Il y en a neuf : « C’est fini, la mer c’est fini » , « St Thomas » , « Mélange mystique », « Lucky Bird » ou « Quand j’étais petit je me noyais dans la Méditerranée », « Muy fragil », « Les bonbons », « Adamo e Eva cacciati dal paradiso », « Le Gamin », « Nous sommes des voyageurs » Je leur ai associé des bribes de textes, des citations latines, des bouts de Bible, ce fragment d’Humain trop humain où Nietzsche fait le portrait de l’homme en voyageur et évidemment le court métrage de Jean Vigo. Ils seront là sous forme de voix et de sous-titres tremblants à la manière de ceux des films russes. Et chacun sera libre de les accrocher aux images comme il voudra et de retrouver sa propre mémoire avec la mienne, avec ce travail sur neuf carrés d’entremêler les impressions d’une quarantaine d’années de vie, et de regard, et d’écoute, et de mémoire.

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